Le petit jean jau

Visitez le site Jean Jaurès Dernière mise à jour: 21.10.2020

Chronique stupide donc indispensable

Le 05/11/2015

 

Lecteurs, lectrices. Je tenais à tirer la sonnette d'alarme. Oui, vous m'avez bien lu ! La sonnette d'alarme, et la grosse ! Il s'agit en effet de traiter d'un sujet de l'importance la plus hautement capitale : les coureurs ! Certains préfèreraient d'ailleurs le terme de runners, puisque l'anglais est toujours plus classyque notre vétuste « langue de Molière », alors soit : parlons de ces Power Runners !

                                        

                                          

Vous les avez TOUS déjà vu, au moins une fois dans votre vie quotidienne. Vous ne pouvez y échapper, ils sont partout ! Les adultes, tout comme les anciens -c'est dingue, on ne peut même plus dire « vioques »-, se mettent à courir n'importe où, n'importe quand ! Et nous aussi, jeunes adolescents, pourtant si purs et saints d'esprit, sommes contaminés par ce phénomène culturel ! « Mais pourquoi ? », me diriez-vous ! C'est bien simple, voici mon analyse :

La société française, constatant que tous ses très chers petits français prenaient du poids sur la balance, a décidé d'agir. Ainsi sont apparus, sur nos écrans, de nombreux messages emplis de mielleuses attentions, de la part du ministère de la santé, comme « Pour être en forme... dépense-toi bien ! » et autres, vous les connaissez tous par cœur. Mais là est le problème... Comment pourraient se dépenser les gens auto-proclamés, entre autres, « non-sportifs » ? Tous ces individus ayant déjà traversé l'épreuve de l'équipe de football à l'école, étant petits ? Vous savez, ces camarades « nuls » que l'on ne choisit qu'en dernier, par défaut, parce qu'ils sont de vrais boulets et jouent comme des pieds au football ? Vous savez, ces pauvres enfants qui ne bénéficient jamais de la moindre passe ? Ils furent à jamais traumatisés par cette expérience du sport collectif ! Conclusion : il faut mettre en avant le sport individuel pour ces individus si nombreux !

La natation, alors ? Non, il faudrait faire pousser des piscines, c'est trop cher, allons ! Et en plus, ça file des verrues. Tandis que le footing... C'est parfait ! Nullement besoin de financer de nouveaux complexes sportifs ! Ainsi s'est fortement développée une économie du marché sportif portée sur le footing. Après tout, pour aller courir, il faut bien des tenues de sport, des baskets, des boissons, des ceintures pour ranger sa boisson, des chaussettes anti-transpiration fétide ; et soyons encore plus fous : des chronomètres, des podomètres, des montres connectées GPS, des écouteurs anti-transpiration, des brassards pour les smart phones, des lunettes sportives anti-reflet et anti-vent froid, et que sais-je encore ?! Et voilà, d'une pierre deux coups : on perd du poids et de l'argent en même temps.

Mais je dirais même plus ; lorsque Nietzsche voyait dans le travail collectif un contrôle cérébral exercé par la société plus d'un siècle auparavant, il assisterait avec horreur à cette nouvelle vénération anti-réflexive qu'est le footing ! Courir toujours plus, pour que l'individu ne pense plus qu'à courir après le travail ! N'organisons-nous point des événements intégralement dédiés à la course ? C'est une nouvelle « sécurité » pour la société qui craint la pensée individuelle et artistique... C'est une nouvelle sonnette d'alarme à tirer !

Amis ! Ceci est un témoignage. J'en suis moi-même victime. À intervalles réguliers, je vais courir, de manière aussi abstraite et déstructurée qu'"une nue" de Marcel Duchamp qui descend des escaliers avec les Valkyries de Wagner me hurlant aux esgourdes depuis mon casque... Et malgré mon incompétence à cette discipline, j'aime. C'est horrible, j'adore cela ! C'est pourquoi je tire, une fois de plus, la sonnette d'alarme, et la grosse !

Aubry B.

Pièces jointes :

Page publiée le 05/11/2015 | Mise à jour le 21/10/2020 | Vue 1255 fois