Le petit jean jau

Visitez le site Jean Jaurès Dernière mise à jour: 25.10.2020

« Fast fashion » La mode : un fléau écologique

Le 16/11/2018

L’industrie de la mode est le deuxième pollueur mondial, après le pétrole. En d’autres termes, il serait peut-être plus significatif de s’empêcher d’acheter autant de vêtements que de préférer le bus à la voiture ou le soja à la viande. Tous ces gestes sont connus pour avoir un impact, même minime. Et pourtant, personne ne se remet en question lorsqu’il s’agit du shopping. Il n’y a, dans ce domaine, qu’un facteur que nous prenons en compte : le prix. Comment en est-on arrivé à acheter nos vêtements si peu chers alors que leur véritable prix se mesure en vie humaine ?

 

Les résultats sont là : en moyenne, une femme ne porte que 7 fois un vêtement avant de le jeter. Bienvenue dans ce que les anglosaxons appellent la « fast fashion ». Ce phénomène s’est développé depuis les années 90, il désigne une partie de l’industrie de la mode dont le but est de produire des vêtements de moins en moins chers et de renouveler ses collections de plus en plus souvent. Il s’agit donc de nous faire acheter, non des articles de bonne qualité plus chers mais des articles qui soient conçus pour devenir le plus rapidement possible démodés. Ainsi, les maisons de coutures avaient pour habitude de produire une collection par saison. Aujourd’hui, des magasins tels que Zara sortent une collection par semaine. Les tendances sont alors de plus en plus nombreuses et se succèdent de plus en plus rapidement. On peut donc parler d’obsolescence programmée pour les vêtements.

 

L’industrie de la mode est actuellement responsable de 10% de l’empreinte carbone selon Forbes et elle est le deuxième plus important pollueur d’eau potable.

Cette empreinte écologique est due aux matières utilisées pour fabriquer nos vêtements : de plus en plus de matières synthétiques ou de coton (à 80% génétiquement modifié), produit par une agriculture intensive. Le coton est une plante tropicale qui nécessite de l’humidité et de la chaleur et elle est très fragile. Ses conditions de développement sont les mêmes que pour les insectes, et sa fragilité pousse les agriculteurs à utiliser des pesticides. Ainsi, un quart des pesticides utilisés dans le monde sont dédiés à la culture du coton. Le coton génétiquement modifié devrait permettre de diminuer cette utilisation des pesticides en produisant par lui-même une protéine insecticide. Cependant, ce coton n’a pas tenu ses promesses, en Inde, et cela a conduit de nombreux agriculteurs surendettés au suicide. De plus, la culture du coton requiert énormément d’eau, ce qui fait estimer la production d’un seul t-shirt en coton à 2700 litres d’eau d'après Greenpeace. Quant aux matières synthétiques, elles sont le plus souvent créées avec du pétrôle.

A ces matières s’ajoutent les teintures toxiques extrêmement nocives pour les personnes les manipulant.

De plus, la délocalisation des usines éloigne de plus en plus les producteurs des consommateurs : cela augmente bien sûr les transports polluants. Selon l’ADEME, un jean parcourt jusqu’à 65 000 kilomètres avant d’arriver dans nos boutiques.

 

Mais les conséquences ne sont pas seulement écologiques mais aussi sociales. Ces vêtements sont conçus dans les pays les plus pauvres du globe afin que les grands groupes industriels puissent payer leurs travailleurs le moins possible (en moyenne 2 $ par jour). Le but étant de nous vendre les pièces le moins cher possible, mais surtout de maximiser leurs profits. Il est ainsi courant de faire travailler les enfants, de développer le travail forcé, c’est-à-dire l’esclavagisme moderne. Ainsi, selon l’ODI, au Bangladesh 15% des enfants entre 6 et 14 ans travaillent dans l’industrie du textile contre 50% des enfants entre 14 et 16 ans. A 64 heures de travail par semaine, ils sont payés en moyenne 30 euros par mois.

Les travailleurs se trouvent dans des conditions de plus en plus précaires : en 2013 au Bangladesh l’effondrement du Rana Plaza, une usine de textile, a ainsi causé la mort de plus de 1100 personnes bien que des ouvriers aient déjà signalé à leurs supérieurs les fissures présentes dans les murs.

 

Consommer est un acte politique. Notre argent est un bulletin de vote. En achetant ces vêtements, nous validons toutes ces conséquences et nous favorisons leur développement. Voulons-nous vraiment encourager l’esclavagisme, le réchauffement climatique, le développement des cancers ?

Les solutions sont multiples : diminuer fortement notre consommation de vêtement est bien sûr nécessaire, mais il est également possible d’acheter des pièces de seconde main ce qui est plus économique. Il existe aussi des marques équitables et éco-responsables. Les produits sont alors plus chers mais durent plus longtemps car ils sont de meilleur qualité.

En tant que lycéens, posons-nous ces questions : sommes-nous prêts à sacrifier nos idéaux, notre santé et celle de nos enfants pour un énième T-shirt ?

 

Influenceurs à suivre pour se motiver :

-AIM (Française)

-WearILive (New Yorkaise)

-Kristen Leo (Américaine)

 

A voir :

The true cost, Andrew Morgan (2015) sur les différents impacts de la fast fashion

RiverBlue, Mark Angelo (2016) sur la pollution de l’eau par la fast fashion

 

Sites :

Remake.world (trouver des marques éthiques, se renseigner…)

Fashion revolution

 

Pièces jointes :

Page publiée le 16/11/2018 | Mise à jour le 25/10/2020 | Vue 668 fois