Le petit jean jau

Visitez le site Jean Jaurès Dernière mise à jour: 10.12.2019

L'abominable rêve

Le 18/11/2019

L’abominable rêve

 

 

Tout autour de moi, le blanc s’était installé. Au milieu de cette forêt, je marchais. Un silence de mort régnait, aucun bruit de vie, ni animaux, ni enfants. La seule chose que nous pouvions entendre était le bruit des canons qui foudroyaient la forêt, l’abîmant en tous points, des arbres à la terre. De son visage si familier, il n’en restera plus rien . L’attirail éclatait et dispersait la terre, faisant apparaître l’empreinte de l’Homme à tout jamais. Plus j’avançais, plus les bruits devenaient audibles. À présent je pouvais entrevoir des ombres. Celles-ci étaient en train de s’entre-tuer au fusil ou de se poignarder froidement et sans empathie. Tout cela ressortait comme un spectacle d’ombre, je ne pouvais ni voir les personnes, ni entendre leur agonie. Je ne voyais que leurs ombres projetés sur le brouillard, en train de se massacrer. Les coups de fusil résonnaient telle une symphonie mortelle. Continuant dans l’interminable nuage, j’aperçus 4 personnes, que cette fois-ci, je pouvais contempler distinctement. Le brouillard n’était plus autour d’eux. Une mystérieuse lumière, venue du ciel, les illuminait. Lors de cette somptueuse séquence, je vis un drame. L’une des personnes agonisait, convulsait, se décomposait littéralement. Alors que les trois autres étaient en train de porter secours. N’avaient-ils pas compris que leur cause était déjà perdue ? À cette pensée-là, la scène se fana, la lumière devint polaire, les soignants disparurent en ne laissant que le mort, allongé dans la terre refoulée. De ce que je voyais, il avait perdu une jambe. La souffrance devait être horrible mais il ne criait pas, il ne bougeait pas. Il se préparait à mourir. Mais à quoi bon se laisser mourir ici . Pour lui, ni tombeau, ni reconnaissance. J’eus de l’empathie pour lui, mourir ici, seul, dans le froid, sans aucune lumière chaleureuse. Quelle tristesse. Soudain, des petits tourbillons de brume, emportèrent le corps. Suite à cela, je repris ma trajectoire. De mètre en mètre, le brouillard devenait brume. J’entrevis des lumières, sûrement d’une demeure. Je m’en rapprochais, je commençais presque à courir, et d’un seul coup, toutes les lumières avaient disparu. Je regardais tout autour de moi, pour y en apercevoir la sortie de ce labyrinthe blanc. Rien. Un bruit se rapprochait, de tous les côtés, on pouvait l’entendre. C’était un bruit de pas, plusieurs pas . Des personnes approchaient lentement. Vu la disposition des bruits, ils avançaient sûrement en rond autour de moi. Et je les vis, 7 ombres autour de moi, en un rond parfait. Habillés chacun d’une façon différente. Je tourbillonnais lentement. Ils avançaient pas à pas. Jusqu’à que je puisse enfin entrevoir leurs visages éclairés par la Lune. Je les dévisageais un par un, et me rendit vite compte que ces 7 individus n’étaient que 7 versions de moi, à travers le passé. Tous munis d’une hache. Ils marmonnaient tous une phrase qui devenait de plus en plus audible. Celle-ci disait : «  tu t’es perdu dans une fête qui n’est pas la tienne » je n’eus même pas le temps de demander explications, qu’ils se jetèrent tous sur moi !

 

Ouvrant soudainement les yeux, en criant et pleurant. Je me rendis compte que tout cela ne fut qu’un rêve atroce. De mes propres yeux, je me suis vu mourir, assassiné par mon passé. Je ne pouvais pas me calmer ou me rendormir. Je décidais de sortir de cette maudite chambre et de sortir de cette infernale maison. Plus j’y restais plus j’avais l’impression d’y suffoquer. Cela en devenait insupportable.

C’est décidé, demain je brûlerai cette spirale infernale du déclin, cette maudite maison.

 

O.Debieuvre

Pièces jointes :

Page publiée le 18/11/2019 | Mise à jour le 10/12/2019 | Vue 103 fois