Le petit jean jau

Visitez le site Jean Jaurès Dernière mise à jour: 21.10.2020

La phobie sociale

Le 17/03/2020

        La timidité et le trac en société, peuvent parfois plus ou moins cacher de l’anxiété sociale, et dans les cas les plus importants de la phobie sociale. Je vais aborder ce sujet en m’appuyant sur l’écrit de C. André et P.Légeron, psychiatres et psychothérapeutes, spécialistes reconnus de l’anxiété sociale, qui s’intitule La Peur des Autres .                                                             

Ce stress, cette anxiété ressentie lorsque l’on s’apprête à prendre la parole en public, est quelque chose de connu, tout le monde a l’air d’être passé par là. On peut alors refuser de la prendre cette parole, ou alors on y va mais mal à l’aise, on baisse les yeux, on a les mains et la voix qui tremblent. Ces situations sont fréquemment celles d’exposés, de présentations devant un public à grand effectif, composé de personnes qu’on ne connait pas ou pas très bien, comme devant une classe ou des spectateurs. Cependant, cette anxiété ne se manifeste pas aussi souvent dans la vie courante, c’est-à-dire quand c’est devant ses amis que l’on veut prendre la parole, ou devant un ou deux camarades de classe côtoyés quotidiennement. J’ignore où se trouve la limite entre une simple timidité et une anxiété voire phobie sociale. Néanmoins je pense que si l’anxiété atteint ces proportions, alors il s’agit d’une timidité qui peut fortement handicaper les relations sociales et par là, le bienêtre de la personne anxieuse.  

Avoir une telle peur de la réaction de celui qui est en face de soi quand on lui parle même de sujets courants peut conduire à des manifestations physiologiques gênantes comme à des bégaiements, ou à un flux de paroles accéléré. Ces manifestations tendent alors à mettre la personne anxieuse encore plus mal à l’aise car elle se rend compte de sa maladresse et en déduit aussitôt que la personne d’en face la méprise et se trouve mal à l’aise également. Alors la peur de revivre des situations comme celle-ci mène l’individu anxieux à éviter les interactions sociales par manque de confiance, même s’il ne s’agit « que » de sortir avec un(e) ou des ami(e)s. 

  Cette personne s’impose alors sa solitude mais continue à voir les gens autour d’elle sociabiliser, rire entre eux, sortir ensemble (dans le cas par exemple d’un élève au sein d’une classe). Cet élève anxieux peut ne pas apprécier cette solitude, et finit par se dire tous les matins avant d’aller en cours « ok alors aujourd’hui je parle aux autres, je suis drôle et avenant(e), je ferai en sorte de m’intégrer et d’amener les autres à m’aimer et à aimer me parler ». Mais si l’élève empli de bonnes résolutions voit, lors d’une interaction, la personne d’en face détourner un peu le regard, ou encore s’il se trouve en groupe et qu’il dit quelque chose mais que personne ne répond, alors il interprétera automatiquement la moindre réaction ou manque de réaction et en conclura que les personnes en face de lui s’ennuient à lui parler, qu’il ne les intéresse pas. Il se sentira alors de plus en plus mal devant les autres, saura de moins en moins quoi dire et comment réagir, se sentira bloqué et aura la sensation que quoiqu’il puisse dire maintenant, ça sonnera creux, même si quelqu’un s’adresse à lui directement. Il s’isolera donc le reste de la journée en attendant le lendemain où il partira de nouveau en cours la tête pleine de ce désir de tenter de sociabiliser.  

Cet individu anxieux, dans son isolement, va écouter les conversations autour de lui, et se demandera alors ce que les autres ont de plus pour parvenir à maintenir un échange sans pression et à allure intéressante. Il pourrait même parfois en venir à penser qu’il aurait répondu quelque chose de plus drôle qu’un tel, ou de plus intéressant qu’un autre. Il se met donc beaucoup de pression à avoir l’impression de devoir rythmer une conversation avec brio pour que les autres le considèrent comme une personne intéressante, une personne à qui on peut parler sans s’ennuyer. Il y a alors cette citation issue de La Peur des Autres dont je vais faire part et qui permet de relativiser : « je dois accepter qu’il y ait parfois des blancs dans la conversation, ou que l’on parle de banalités, cela arrive à tout le monde »

 

Alexandra Miron

Page publiée le 17/03/2020 | Mise à jour le 21/10/2020 | Vue 235 fois