Le petit jean jau

Visitez le site Jean Jaurès Dernière mise à jour: 25.10.2020

Roumanie, état rongé par la corruption politique

Le 05/12/2018

Mais quel pouvoir combattent-ils ? Que se passe-t-il actuellement chez ce jeune membre de l’U.E. ?

Tout d’abord quelques notions de base :

  • Corruption politique : détournements de fond effectués par une personnalité politique dans le but d’en retirer des avantages illégaux personnels. Le terme de corruption englobe aussi les actes tels que les pots de vin, les vols, trafic d’influence (profiter de sa notoriété pour obtenir quelque chose).
  • La Roumanie est une République parlementaire. Dans le régime parlementaire, le Gouvernement qui incarne le pouvoir exécutif, peut être renversé par le Parlement.
  • Mise en place du contexte politique en Roumanie :

-Après la Seconde Guerre Mondiale, avant laquelle y régnait une Monarchie, la Roumanie devient communiste sous l’influence des Soviétiques (communisme prenant des allures de totalitarisme).

-En 1989 a lieu la Révolution par mouvements populaires contre le régime, des communistes réformistes renversent le pouvoir pour ainsi former le FSN (Front du Salut National). 

-Le FSN est rebaptisé PSD (Parti Social Démocrate) en 2000 par ses propres membres.

   Actuellement, la Roumanie est menacée par des faits de corruption émanant principalement du PSD, parti au pouvoir depuis 2016. Depuis son entrée dans l’U.E., la Roumanie est contrôlée régulièrement par la Commission de vérification Européenne et les évènements actuels mettent ainsi en péril le statut de d’U.E.

   Le PSD gouverne depuis 2016, élu démocratiquement, malgré des incidents considérés comme non-majeurs par la commission européenne, par exemple : Pour obtenir des voix, des activistes du Parti se sont rendus dans les campagnes roumaines où se trouve la plus grande concentration de gens pauvres ou sans éducation ; ils y ont fait beaucoup de propagande en leur promettant, en échanges de voix, de la nourriture ou de l’argent. Ils ont, en 2016, obtenu 45% des voix.

   Le chef actuel du PSD est fort corrompu ; prenons comme exemple l’Ile de Belina. Cette île se situe au Sud de la Roumanie sur le fleuve du Danube et appartenait au pays encore l’an dernier. Début 2018, la société roumaine Tel Drum, soupçonnée d’être dirigée par le chef du PSD, achète l’île avec l’argent issu de fonds européens qui devait servir à la construction d’autoroutes en Roumanie. Des habitants habitant près de l’île affirment que celle-ci est barricadée, interdit d’accès ; le chef du PSD aurait donc acheté l’île, l’aurait rendue privée.

   De tels actes de corruption n’ont pas lieu en Roumanie sans conséquences ; la DNA (Direction Nationale Anti-corruption) a été créée en 2002 par le gouvernement roumain, dans le but de lutter contre la corruption dans le pays à haut niveau ; donc politique.                                                                      La DNA découvre au début des années 2000, après de nombreuses enquêtes, des actes de corruption chez le PSD. Ceux-ci sont parvenus à révoquer le contrat de la cheffe de cette direction en Juillet 2018. Cet acte témoigne du pouvoir laissé entre les mains du parti au pouvoir. De surcroît, la DNA était connue en Roumanie comme étant très efficace dans sa lutte anti-corruption politique.

  En outre, le thème de corruption politique est très actuel en Roumanie avec le scandale du mois de Juin ; une réforme du code pénal a été mise en place par le PSD visant à atténuer les sanctions attribuées aux corrompus. Par exemple : un article de Loi stipule désormais qu’un dossier judiciaire non-traité pendant un an sera considéré comme un dossier classé ; ainsi le corrompu jugé pourra faire rallonger le traitement de son dossier dans le seul objectif de voir son dossier classé et de s’en sortir sans aucune sanction.

   Depuis 2016, soit l’accès au pouvoir du PSD au parlement roumain, de nombreuses manifestations populaires ont lieu partout dans le pays. Le 11 Août 2018, deux mois après la réforme du code pénal, l’une des plus grandes a trouvé place à Bucarest, la capitale, où 80 000 citoyens roumains dont des milliers d’expatriés se sont rassemblés devant le siège du gouvernement. Leur but : dénoncer la corruption politique.  Un Bucarestois interrogé lors de la manifestation proclame que le seul but de la réforme du code pénal de Juin est d’«arrêter la lutte anti-corrution et permettre aux politiciens parlementaires ou membres du gouvernement qui sont poursuivis dans des affaires judiciaires d’échapper à des peines de prison ».

   Par ailleurs, la Roumanie se situe à la croisée des chemins entre l’Est (la Russie) et l’Ouest (l’Europe occidentale).

   En 1940 a lieu la séparation de la Moldavie, pays situé à l’Est de la Roumanie. Il a été attribuée, par pacte, une partie de la Moldavie à l’URSS, l’autre à l’occupation allemande (occupant la Roumanie pendant la Seconde Guerre Mondiale). Cette partie de la Moldavie appartient aujourd’hui à la Roumanie, l’autre dorénavant une République indépendante.                                                                Depuis 1940, la Roumanie a la peur constante de se faire prendre sa partie de la Moldavie, c’est pourquoi elle demande à être membre de l’OTAN qui lui garantirait une stabilité géopolitique. La Roumanie en devient membre en 2004.

   L’Union Européenne accueille la Roumanie en 2007, intégration bénéfique des deux côtés ; le marché en Occident est augmenté avec un membre en plus, par exemple avec l’industrie automobile : l’Occident vend ses voitures en Roumanie tandis qu’auparavant, le pays fabriquait ses autos et les vendait au sein de son territoire.

On pourrait, après toutes ces informations, se demander pourquoi le président de la Roumanie n’agit-il pas, quelle place tient-il dans ces affaires ?                                                                                                     Klaus Iohannis, président de la Roumanie depuis 2014, est de centre droite (le PSD est le parti de gauche, rappelons-le, issu du communisme). La Roumanie étant une République parlementaire, le parti au pouvoir au Parlement obtient plus de pouvoirs que le Gouvernement, soit le Président. Klaus Iohannis ne faisant pas partie du PSD, parti au pouvoir actuellement, il ne détient plus aucun pouvoir exécutif.                                                                                                                                                                                    Lors de son élection aux présidentielles, le peuple roumain ignorait encore que leur président finirait ainsi, les législatives n’ayant eu lieu qu’en 2016. A l’époque, en 2014, Klaus Iohannis était perçu comme un renforcement de l’image occidentale que veut s’approprier la Roumanie car il est issu de la minorité allemande du pays.

La commission de vérification européenne pèse donc sur la Roumanie avec ses visites régulières ; très récemment, elle a établi un rapport au sujet de la réforme du code pénal dans lequel elle déplore que « depuis son retour au pouvoir fin 2016, le PSD a entamé une vaste réforme de la justice qui vise à permettre à des responsables politiques d’échapper aux poursuites ». L’Union Européenne est au courant des évènements, mettant ainsi l’intégration de la Roumanie en son sein en danger. Il y a risque de perte de certains privilèges, comme de l’obtention de fonds européens dont la Roumanie a bien besoin, ayant été appauvrie par le communisme.

 Néanmoins, les citoyens roumains continuent à se battre pour rester digne face à l’Occident. La liberté de penser, d’expression, de la presse, est des plus importantes aujourd’hui, c’est en défendant ses idées qu’on peut faire bouger les choses dans une Démocratie, et le peuple roumain use de ces libertés pour faire comprendre qu’il est contre le fléau qui s’abat sur leur pays ; la corruption politque.

Page publiée le 05/12/2018 | Mise à jour le 25/10/2020 | Vue 543 fois